Mademoiselle

J’avais seize ans et pas d’amants
Juste une amie, une maîtresse
Qui m’enseignait l’art des caresses
Vous étiez vraiment belle
Mademoiselle

Je ne savais pas comment nommer
Cette impression de volupté
Le doux plaisir de vos baisers
Vous me donniez des ailes
Mademoiselle

C’était nouveau, c’était troublant
Pourtant je trouvais ça très beau
Quand vous me caressiez la peau
Vous sentiez la cannelle
Mademoiselle

Vos longs cheveux cachaient vos yeux
Quand vous penchiez vers moi la tête
En murmurant des mots de fête
Des soupirs de dentelle
Mademoiselle

Pourtant la vie a séparé
Et la maîtresse et son élève
Mais il me reste dans mes rêves
Une odeur de cannelle
Mademoiselle

J’ai plus vingt ans, j’ai des amants
Rien qu’une vie comme les autres
Mais un amour comme le nôtre
J’en garderai l’étincelle
Mademoiselle

Où êtes-vous ? Est-ce qu’aujourd’hui
Vous enseignez dans d’autres lits
Toutes les caresses universelles ?
Êtes-vous toujours belle
Mademoiselle ?

Sachez qu’il reste au fond de moi
Un souvenir qui vous appelle
Mademoiselle

I. Les pieds sur Terre

II. La tête en l'air