Paul & Léo

Ils s’échangent leurs baskets et portent les mêmes jeans
Se regardent pour de vrai comme on peut dire je t’aime
Je ne sais s’ils se ressemblent, c’est difficile à dire…
Mais c’est une évidence, un très vieux théorème

Quand il a un peu froid, il connaît son refuge
Quand tout se serre en lui, c’est là qu’il se blottit
Toujours le même endroit, y attendre le déluge
Dans son cou, son épaule, c’est là qu’il se sent lui

Ils sont des âmes frères, l’un comme l’autre ils dansent
Le cœur toujours au centre de leur gravité
Ils se méfient un peu de ce monde en balance
Comme s’ils ne s’y sentaient pas toujours invités

Quand ils se tiennent la main, c’est à chaque fois la preuve
Qu’ils s’aiment pour demain, même s’ils se sentaient seuls
La nuit parfois ils rêvent que leurs traces s’effacent
Que l’amour les préserve aussi du temps qui passe…

Quand plus tard leurs cheveux auront un peu de gris
Que leur petite-fille appellera l’un papi
Et puis l’autre grand-père, en en étant si fière
Ils oublieront heureux tous les combats d’hier

Ils sont des âmes frères, l’un comme l’autre ils dansent
Le cœur toujours au centre de leur gravité
Ils se méfient un peu de ce monde en balance
Comme s’ils ne s’y sentaient pas toujours invités

Moi j’aimerais parfois ne plus les trouver beaux
Ne plus les remarquer, quand discrets ils s’embrassent
Que jamais on n’y lise une marque d’audace
Ça voudrait dire au fond, et pas à demi-mot

Que rien n’est différent de nos amours permis
Que tout est aussi moche, que tout est aussi fort
Que tout est aussi clair, que oui je te dis oui
Que tout est aussi vain, que tout est réconfort

I. Les pieds sur Terre

II. La tête en l'air