Les Funambules

Et quand nous aurons tous aimé
Un peu plus, un peu mieux
Quand nos colères seront tombées
Si nous ne sommes pas trop vieux

On pourra chanter autre chose

On sait que tout est inutile
De petits grains de sable
On sait que nos voix sont fragiles
Et nos mots jetables

On pourra écrire autre chose

À marcher sur des fils
Combien seront tombés ?
De marques indélébiles
Et combien de blessés ?

On aura des enfants à faire
Des repères à créer
Il y aura tellement d’autres guerres
Tout un monde à repenser

On pourra rêver d’autre chose

Aussi rapides qu’un courant d’air
Les années auront passé
On aura moins de forces qu’hier
Quelques rides, des idées

On pourra construire autre chose

À marcher sur des fils
Combien seront restés ?
Combien dans les abîmes
Et combien envolés ?

Et quand nous aurons tous aimé
Qu’on rira de ce temps
Qu’on en parlera au passé
Comme d’un combat d’antan

On pourra passer à autre chose
On passera à autre chose…

A Year with You

When I saw you, in September, you were the sweetest girl
When I saw you, I said to myself, you were the guy I was waiting for
But now I
See you with some boy and I know that I’ll never hold your hand
But baby, I’d never promised, I’d be the man who’d take you to the church someday

I smiled at you, in December, hoping that you would change
I smiled at you, and I held your hand, but not the way you wanted me to care
You have to
Know that I’d give anything I have to feel the same way you do
But baby, I realize you can’t ever change what your soul has decided for you

I know that I have found in you the one who can understand my pain
I know that I have found in you the smile who can help me through the rain
Together we need to build a shelter and keep us from the cold
You and I we’ll find, through all the seasons, a place to never feel alone

June is here now, and I’m near you, I’m still sharing your life
Nothing can ever tear us apart, I will always stay by your side

Ils dansent

Dans le décor de banquise
Du rocher des pingouins
Une amourette se précise
Une noce avec témoins

Deux petits messieurs d’Antarctique
Dans la pluie, sous le vent
Sont devenus romantiques
Comme il arrive souvent

On en fait des expertises
Dans la pluie, sous le vent
Pour confirmer la surprise
De ce couple innovant

Ils se tiennent par la manche
Sans même connaître leur chance
Dans la foule noire et blanche
Ils dansent, ils dansent…

En petits costumes étanches
Ils se marient chaque jour
Jamais leurs câlins ne flanchent
Ils dansent, ils dansent…

Bien des visiteurs sont passés
Ça fait bientôt six ans
Qu’on voit les pingouins enlacer
Leurs deux petits cols blancs

Bien après les biologistes
Les curieux, les passants
Les furieux, les pacifistes
Les curés, les savants

Eux se tiennent par la manche
Sans même connaître leur chance
Droits dans leurs chemises blanches
Ils dansent, ils dansent…

En petits costumes étanches
Ils se marient chaque jour
Jamais leurs câlins ne flanchent
Ils dansent, ils dansent…

Le bonheur de petits pingouins
Qui chaque jour s’aiment tant
Sans savoir ce que savent les gens
Qu’ils dansent, qu’ils dansent…

Ils se tiennent par la manche
Sans même connaître leur chance
Droits dans leurs chemises blanches
Ils dansent, ils dansent…

L’Aveu

Je viens de la nuit, mon amour
Des années, je n’ai pas compris
Qui j’étais, pourquoi j’aimais ainsi

Je viens de la gêne, du silence
Des maux étouffés de l’enfance
D’une terre de sourde violence

Aujourd’hui tout est plus facile
Le monde est-il moins imbécile
Ou ai-je seulement le cuir moins fragile ?
Sur ta bouche je pose mes secrets
À tes pieds je foule le passé
Dans tes yeux j’apprends à oublier

Aujourd’hui je marche avec toi
Je vis, je vieillis avec toi
Un mariage, des enfants, pourquoi pas ?

Je ne rêve pas d’une vie différente
Juste d’une vie qui m’enchante
Avec l’homme que je serre contre moi

Aujourd’hui tout est plus facile
Le monde est-il moins imbécile
Ou ai-je seulement le cuir moins fragile ?
Dans tes mots j’efface mes regrets
Sur ta peau je trace des projets
Dans ton rire j’apprends la légèreté

Sur ta bouche je pose mes secrets
À tes pieds je foule le passé
Dans tes yeux je vois l’éternité

Je viens de la nuit, mon amour
Comme beaucoup j’ai payé le prix
Du hasard qui m’a fait comme je suis

Fallait-il en passer par là
Pour aujourd’hui avoir le droit
De m’endormir en paix dans tes bras ?