L’Aveu

Je viens de la nuit, mon amour
Des années, je n’ai pas compris
Qui j’étais, pourquoi j’aimais ainsi

Je viens de la gêne, du silence
Des maux étouffés de l’enfance
D’une terre de sourde violence

Aujourd’hui tout est plus facile
Le monde est-il moins imbécile
Ou ai-je seulement le cuir moins fragile ?
Sur ta bouche je pose mes secrets
À tes pieds je foule le passé
Dans tes yeux j’apprends à oublier

Aujourd’hui je marche avec toi
Je vis, je vieillis avec toi
Un mariage, des enfants, pourquoi pas ?

Je ne rêve pas d’une vie différente
Juste d’une vie qui m’enchante
Avec l’homme que je serre contre moi

Aujourd’hui tout est plus facile
Le monde est-il moins imbécile
Ou ai-je seulement le cuir moins fragile ?
Dans tes mots j’efface mes regrets
Sur ta peau je trace des projets
Dans ton rire j’apprends la légèreté

Sur ta bouche je pose mes secrets
À tes pieds je foule le passé
Dans tes yeux je vois l’éternité

Je viens de la nuit, mon amour
Comme beaucoup j’ai payé le prix
Du hasard qui m’a fait comme je suis

Fallait-il en passer par là
Pour aujourd’hui avoir le droit
De m’endormir en paix dans tes bras ?

Rentrer chez moi

Vos histoires, ce soir, ne m’intéressent pas
Vous marchez, messieurs, ça ne m’émeut pas
Vous marchez, mesdames
Faites-le donc sans moi
Ce soir, je vais juste rentrer chez moi

Vous avez gagné, la fête est gâchée
Qu’avez-vous gagné ? La loi est passée
Défaite ou victoire
J’ai beaucoup trop à boire
Ce soir, je veux juste rentrer chez moi

Ce soir, je vais juste rentrer chez moi
Prendre un verre et oublier tout ça
Boire à l’amour, à demain, aux beaux jours
Boire aux amis, au courage, à la vie

Dans quelques années nos enfants, mélangés
Auront balayé les derniers préjugés
Dans quelques années
Le monde aura changé
Ce soir, je vais juste rentrer chez moi

Ce soir, je vais juste rentrer chez moi
Prendre un verre et oublier tout ça
Boire à l’amour, à demain, aux beaux jours
Boire aux amis, au courage, à la vie

Ce soir, je vais juste rentrer chez moi
Ce soir, je vais juste rentrer chez moi…

The Dark Waltz

There once was a time when lovers would waltz
Dancing their love in the dark
In the dark, hidden away, oh! how they loved!
Loved, but dared not say
Loved, but dared not…

That was the dark waltz
That was the dark waltz
All under cover, the dance of the lovers
The waltz of the shadow lovers
The waltz of the shadows…

That was a time when I often would waltz
Often would waltz in the dark
In the dark I would wildly and passionately
Love, but with fear in my heart
Love, but with fear…

That was the dark waltz
That was the dark waltz
All under cover, the dance of the lovers
The waltz of the shadow lovers
The waltz of the shadows…

So happy are those that, at last, won the right
To waltz arm in arm in the light
To love now in the light…

Pas la guerre

J’ai appris ce matin qu’on ne fait pas la guerre
Au boulanger du coin parce qu’il tient la main
Du facteur, du médecin, j’ai compris ce matin
Qu’au boulanger du coin, on ne fait pas la guerre

J’ai compris ce matin qu’on ne fait pas la guerre
A la maîtresse d’école parce qu’une infirmière
Lui met du baume au cœur, j’ai appris ce matin
Qu’à l’amour, de nos jours, on ne fait plus la guerre

Papa pense le contraire, et maman comme papa
Chez nous ça se passe comme ça, on pense d’une seule voix
Tous deux se trompent, hélas – et maman, et papa
Ça se passe comme ça chez nous, on se trompe quelquefois

J’ai appris ce matin qu’une fille a le droit
D’aimer une autre fille, il n’y a pas de mal à ça
Qu’un garçon a le droit d’embrasser un garçon
Que chacun en amour peut vivre à sa façon

Maman pense le contraire, et papa comme maman
J’ai compris ce matin qu’une maman, un papa
Peuvent être bons parents et dire n’importe quoi
Peuvent se tromper parfois et rester mes parents
Peuvent se tromper parfois et dire n’importe quoi

Le Président

J’étais président d’un très grand pays, j’étais
Important
J’étais puissant, très puissant, imposant, j’étais
Séduisant

Bla bla bla bla bla
Je parlais, et la foule, grisée, avalait
Bla bla bla bla bla
Je parlais, je parlais

J’étais un personnage tout à fait exemplaire, bon époux
Et bon père
J’étais l’homme tranquille, solide comme un roc, solide
Et viril

Bla bla bla bla bla
Je parlais, et la foule en redemandait
Bla bla bla bla bla
Je parlais, je parlais

Bla bla bla bla bla
Tant qu’il le fallait, puis le rideau tombait
La la la la la
Et le cirque cessait

Le roi était nu
La nuit était venue
Satin rose et plumes dans le cul
Le roi était nu
Et j’étais moi-même
Follement moi-même
Tant et plus

La la la la la…

Bla bla bla bla bla
Je parlais, et la foule, grisée, avalait
Bla bla bla bla bla
Je parlais, je parlais

L’écrirai-je un jour ?
En parlerai-je un jour ?
Oserai-je dire qui
Je fus ?
Le roi était nu
Et j’étais moi-même
Follement moi-même
Tant et plus

Le roi était nu
Et j’étais moi-même
Follement moi-même
Tant et plus

La la la la la…